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par la technologie

Comment les essais de certification se retrouvent modifiés par la vague de l’IoT et des objets connectés ?

Depuis des années la vague de l’Internet of Things (IoT) est censée venir bouleverser nos quotidiens grâce à des objets capables de communiquer et d’envoyer des données sur leur environnement ou sur le statut de leur(s) composant(s). Cette révolution annoncée résulte principalement de deux facteurs. D’une part le développement des réseaux de télécommunication modernes qui permet à l’objet de communiquer pour échanger des données. Et d’autre part la baisse des prix des composants électroniques comme les capteurs. Une baisse synonyme de réduction des coûts pour les fabricants, lesquels réfléchissent de plus en plus à adapter leurs stratégies pour ajouter des versions connectées à leurs gammes de produits. Chose somme toute assez logique tant les opportunités offertes par l’IoT semblent être importantes.

Aujourd’hui, il existe une multitude d’objets connectés et ce dans tous les secteurs même s’il est vrai que celui de la domotique semble, comme attendu, s’être positionné comme étant le secteur qui profitera le plus de cette révolution. Du moins à court et moyen termes. Néanmoins, les produits les plus sensibles, du point de vue fonctionnel, ne semblaient jusqu’alors pas céder aux sirènes de l’IoT, ou si peu. Aujourd’hui tout cela est sur le point de changer puisque les premières certifications de serrure connectée sont en cours (en France). Si la commercialisation de tels produits peut paraître superflue de prime abord, la vérité est bien différente. Les grands acteurs de la distribution l’ont bien compris et s’y intéressent. Pourquoi ? Pour donner les moyens à leurs livreurs de déposer des colis directement chez leurs clients sans que ces derniers ne soient nécessairement chez eux. Tout cela grâce à des serrures plus intelligentes qui offriraient davantage de praticité à leurs utilisateurs et qui prendraient ainsi le dessus sur les serrures classiques. Bien que l’on soit encore loin d’une telle utilisation, les premières serrures connectées commencent petit à petit à être commercialisées. L’occasion idéale donc de voir quels sont les essais à réaliser pour certifier un objet connecté avec une fonction aussi sensible que ne l’est celle d’une serrure connectée.

Des serrures plus complexes qui nécessitent une vigilance accrue

La mise sur le marché d’une serrure nécessite toujours une surveillance accrue de tous ses composants en amont. Il en va de même pour les serrures connectées. En effet, comme ces dernières sont des objets spécifiques avec des problématiques et des points de surveillance qui le sont tout autant, les essais de certification sont plus nombreux, plus complexes et donc plus contraignants pour les fabricants que ne peuvent l’être les essais réalisés sur des serrures dites « classiques ». Néanmoins, certains essais ne diffèrent pas. C’est le cas par exemple des tests mécaniques qui sont quasi identiques pour toutes les serrures, qu’elles soient connectées ou pas. [Le détail de ces essais est retranscrit dans (la base classique des produits de construction et du bâtiment) la norme NF EN 12209]. Le programme de cette norme ? Tests de résistance mécanique et essais d’endurance à foison. Cependant, les répétitions des chocs et des cycles d’utilisation peuvent avoir de multiples incidences dont il s’avère judicieux de se prémunir. Les composants électroniques (cartes, capteurs, autres composants) peuvent en effet souffrir de ces chocs à répétition. Tout comme l’étanchéité du boitier qui peut être dégradée jusqu’à ne plus préserver l’électronique de son environnement. C’est pourquoi l’AFNOR, via la norme NF EN 14846, demande aux fabricants de serrures connectées, en plus des tests mécaniques habituels, des tests électroniques et environnementaux spécifiques.

Si une partie des tests sur l’électronique reste réservée aux professionnels et aux instances de régularisation du domaine – ils doivent veiller à ce que ces produits de l’Iot soient protégés face aux risques de piratage notamment -, les tests environnementaux doivent quant à eux être réalisés par des laboratoires d’essais accrédités. Les mêmes que ceux qui réalisent les essais de certification sur les serrures classiques. Ces laboratoires sont donc chargés de mettre à l’épreuve les serrures connectées et de transmettre les résultats aux organismes responsables de la mise sur le marché des produits. Le moins que l’on puisse dire c’est que la mise à l’épreuve est à la fois complexe et riche. En effet, les serrures connectées du marché ont au préalable subi des tests de résistance à la corrosion, de résistance à la température (au froid et à la chaleur sèche) et à l’humidité. On parle là de tests réalisés par exemple au cœur de brouillards salins dans des conditions atmosphériques particulières ou à des températures qui oscillent entre +40°C et +50°C ou encore avec une humidité dont le taux dépasse les 95%. Chacun de ces tests dure 2h et précède une nouvelle session de tests d’endurance.

Tous ces tests servent à vérifier que l’étanchéité du boitier électronique reste intacte et que les performances mécaniques de la serrure connectée (et de ses composants) ne se détériorent pas quel que soit l’endroit où sera installé le produit. Les fabricants et les organismes de certification ont conscience de la sensibilité de ces produits. Avec tous ces tests, ils se prémunissent de sorte à éviter qu’une serrure connectée ne reste en permanence déverrouillée du fait des conditions climatiques auxquelles elle est exposée.

chambre anechoïque essais certification serrure connectee

Des essais spécifiques pour les produits issus de l’IoT

Le parcours vers la commercialisation est loin d’être terminé pour la serrure connectée puis qu’après avoir subi les essais mécaniques et environnementaux elle doit encore être soumise à des séries d’essais propres aux produits issus de l’IoT. Des essais qui permettent de vérifier les performances du produit, notamment sur ces principaux points de vulnérabilité. Dans le cas d’une serrure connectée, la sécurité du système face aux perturbations électrique est l’un des points à surveiller. C’est pourquoi lors des essais, elle sont soumises à des chutes de tension et à des courtes coupures de courant. Leur fonctionnement et le statut des composants sont alors étudiés. Malgré toutes ces perturbations, le mécanisme de verrouillage et ses éléments opérationnels doivent conserver leur état. Voilà pour la protection face aux chutes de tension. Cela dit les essais ne sont pas pour autant terminés. Les aptitudes de la serrure connectée face aux effets de coupures de câbles et de manipulation de fils doivent encore être vérifiées. Rien de tel pour cela que de sectionner et de court-circuiter l’ensemble des fils de la serrure connectée. C’est ce que font les laboratoires d’essais lorsqu’ils sabotent littéralement la serrure connectée pour simuler le comportement de personnes malintentionnées ou le vandalisme. C’est le prix à payer pour avoir la garantie que la serrure connectée sera capable de sécuriser un bâtiment.

Après cela, les serrures connectées sont placées dans des lieux qui a priori n’ont rien à voir avec une démarche de certification. Des lieux insolites dans lesquels la serrure subit des tests particuliers qui pour le coup sont totalement spécifiques aux objets connectés. On parle là de tests de résistance aux perturbations électromagnétiques et électrostatiques réalisés dans des chambres anéchoïques similaires à celle ci-dessus. La particularité de ces lieux est qu’ils offrent la possibilité de réaliser une multitude de tests sans être pollués par des ondes sonores ou électromagnétiques qui proviendraient de l’extérieur. Les échos y sont en effet absorbés par le revêtement isolant fixé aux murs ce qui empêche toute perturbation des mesures. Dans ces chambres les serrures connectées sont soumises à toutes les fréquences du quotidien (radio, TV, réseaux mobiles …). Les résultats de ces essais doivent être unanimes : aucune onde ne doit venir perturber le fonctionnement du produit. Si les résultats sont conformes, les essais de certification sont terminés et le produit reçoit les autorisations nécessaires à son marquage CE, et donc à sa commercialisation sur le marché européen.